Elections à réformer

Attention, Dimanche on vote deux fois.
Lors de mes portes-à-portes, je n’ai cessé de répéter cet avertissement. Bien souvent on me répondait par un regard interrogatif.
Il faut dire que beaucoup de nos concitoyens ne comprennent plus notre système électoral.
Conseil municipal, comité d’agglomération, conseil général, conseil régional, assemblée nationale et sénat, Europe… Il n’y a plus beaucoup de monde pour savoir qui fait quoi, quelles sont les compétences de chaque instance.
Même les politiques ne s’y retrouvent plus.
Quand je lis par exemple, dans le programme des candidats de la droite aux élections cantonales, qu’ils souhaitent apporter du soutien aux élèves des écoles, ce que chacun peut approuver, ils oublient de dire que l’enseignement est une compétence d’Etat et que les écoles primaires sont gérées par les communes. Si une action peut être entreprise au sein du Conseil Général, cela concerne essentiellement les collèges… c’est, par ailleurs ce que je propose.
Cette confusion est augmentée quand l’institution concernée sort volontairement de son domaine de compétence. Le Conseil Général, par exemple, finance à hauteur d’un million d’euros, c’est déjà une belle somme, une école supérieure d’ingénieur consulaire à Amiens (l’ESIEE). Or, l’enseignement supérieur ne fait pas partie de ses prérogatives. C’est d’ailleurs le seul département en France à le faire, avec la Vendée. A chaque fois que l’on agit ainsi, on affaiblit l’action que l’on doit mener dans les domaines qui dépendent directement de l’assemblée départementale : gestion des collèges, action sociale …
Il n’y a plus un seul grand chantier qui ne soit financé par des financements croisés entre les différentes institutions. De telles pratiques ajoutent de la complexité et ne permet pas l’efficacité.
De la même façon, si le mandat de Conseiller général est de six ans, l’assemblée départementale est renouvelée par moitié tous les trois ans ce qui ne permet pas d’évaluer sereinement l’efficience d’une politique à long terme et favorise le clientélisme.
Il est temps de réformer nos institutions et notre calendrier électoral pour retrouver le chemin de la clarté et de la démocratie et permettre ainsi de favoriser la participation des citoyens.
On pourrait, par exemple, envisager des mandats de cinq ans pour toutes les élections en regroupant, tous les deux ans et demi, toutes les élections nationales et toutes les élections locales alternativement. On peut aussi envisager de regrouper assemblée départementale et assemblée régionale dans une même instance, tout en gardant une identité propre à chaque département. Il pourrait en être de même entre les communes et les communautés de communes.
Une telle réforme permettrait une économie de moyens, ce qui déjà n’est pas négligeable. Elle permettrait surtout de gagner en efficacité pour tous les projets qui concernent le quotidien.
Une chatte retrouverait enfin ses petits et la démocratie ne pourrait qu’en sortir renforcée.
Sarah Thuilliez
Candidate PS
Canton Amiens Nord-Est / Rivery
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